Rouses Point, petit village américain

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Lorsqu’on franchit les lignes américaines à Lacolle, on n’a qu’à faire 5 miles pour arriver à Rouses Point, New York. C’est un petit village assez joli, parsemé des symboliques images qui fondent nos idées d’architecture et de style de vie « à l’américaine ». Les panneaux de route noirs et blancs des US Route (saviez-vous que les panneaux sont différents en Californie?), les maisons sont un mélange de pittoresque et de laisser à l’abandon. Certaines d’entre elles sont de gigantesques mansions tout droit sorties d’une plantation de coton ou de canne à sucre. Étrange comment le luxe côtoie le classe moyenne et les gens qui ont plus de difficultés à joindre les deux bouts.En même temps, qui suis-je pour juger…Sachez que la Gaines Marina est l’un des piliers économiques du village, et que Plattsburgh est à 25 miles.  Tout le centre-ville se fait à pied: librairie dans un vieux bâtiment qui à l’air d’une petite école, laundromat – que j’ai testé: me sentait comme à 20 ans à Montréal! –  le Familly Dollar (eh oui!), le Liquor Store, un café, un restau sans spécialité – mais qui dépanne les matins de nuit blanche – deux autres marina, dont une quasi laissée pour compte, etc. Après trois soirées de marche, Sébastien et moi avons pas mal fait le tour.

 

Le Lac Champlain est là, qui trône partout ou notre regard se pose, à rappeler son immense rôle dans l’histoire américaine. Outre le fait que ce soit un village « de frontière », on a rapidement remarqué l’union des drapeau américains et canadiens partout dans les rues. Rouses Point est un village très fréquenté par les Québécois (environ 75% des bateaux à la Gaines sont canadiens). J’ai pensé vous présenter trois points marquants de l’histoire des lignes canado-américaines… Outre le fait économique, rappelons-nous que ces environs du Lac Champlain ont été le lieu de la Bataille de 1812. Pour faire court (pour les ferrus d’histoire, cliquez ici – c’est en anglais), Napoléon rush à garder son pouvoir et, sur fond de domination mondiale entre la France et l’Angleterre, les É-U décident de s’emparer des terres des deux Canadas – jusqu’à Québec – et envoient leurs troupes vers le nord.

Les combats de cette époque se déroulaient majoritairement sur l’eau et la victoire appartenait aux meilleurs marins et plus fins stratèges officiers de la marine. Plus de 26 champs de batailles seront en action, du Lac Huron, en passant pas Montréal et Québec, jusqu’au sud du Lac Champlain, à Albany. Enfin, en 1914, quand Napoléon abdique, les Britanniques envoient 10 000 hommes au sud, tentant de gagner sur les troupes américaines mais, malgré l’infériorité numérique des américains (ration de un américain pour cinq britanniques), les échos de leur victoire sur les British au Lac Érié renforcent le moral des troupes qui finiront victorieuses de cette guerre qui aura duré plus de deux ans. En très gros, ajoutons que le Lac et le canal Champlain sont réputés comme étant  les lieux ou se trouvent les plus belles et nombreuses épaves submergées en Amérique du Nord. Belle destination pour les plongeurs.

Les amateurs d’histoire se souviendront également de Rouses Point comme toile de fond de l’absurdement célèbre Fort Blunder (Fort La Gaffe). Tout allait bien dans la construction de ce fort de défense américain – à 15 minutes de la marina – jusqu’à ce qu’un inspecteur remarque, deux ans après le début des travaux, que le fort se situait du côté canadien! Imaginez la honte! Ce fort, ou ce qu’il en reste car les travaux ont été abandonnés sur le champ et redémarré dans les frontières américaines, est toujours là et fait bien rire les gens du village.

Troisième fait historique: la prohibition. La frontière entre le Lac Champlain – à Rouses Point notamment (10 km de Lacolle) – est un passage de frontière très populaire. La Route 11 était parmi les rares routes pavées à l’époque, et le bureau américain des douanes n’était pas situé à la frontière telle qu’elle l’est aujourd’hui. Les voyageurs devaient se déclarer et subir l’inspection routinière dans le village de Rouses Point. Ceux qui s’impliquaient dans la contrebande réussissaient si bien à s’en tirer, que le Service des douanes des États-Unis à proposé de construire un poste de frontières. Entre le début et la fin de la construction de ce point frontalier, la prohibition a été abrogée.

Voilà en gros le volet historique de cette petite ville ou nous avons quand-même passé 10 jours avant de partir, en ce matin ensoleillé du 25 septembre. Heureux de quitter la marina, nous sommes partis en moteur en direction de WhiteHall, ou se trouve la première des douze écluses à passer. On vous en donne des nouvelles bientôt!

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