Journal de bord – 25 au 27 septembre

Jeudi 25 septembre – Le départ

Ce matin, on part pour de vrai. On quitte la Gaines Marina à 7h40. Direction et objectif du jour: Whitehall à 98 miles au sud. Le temps est beau, mais couvert et la visibilité: claire et nette! À 10h40, le soleil brille et on croise Plattsburg. Sébastien est beau, il barre Malaïka, Jean-Pierre et René sont relaxes.

IMG_0206Je m’installe à la barre, c’est bien molo, le temps de comprendre ces deux facteurs: une barre à roue se conduit comme un volant de voiture (contrairement à la barre, si tu tournes la roue à droite, le bateau va à droite…) et un 44 pieds, c’est un peu plus long à réagir. Quand on comprend le moove du Malaïka, il est très chouette à piloter. Petit moment de stress: l’évaluation du temps que prendra le ferry pour passer devant, derrière ou sur nous. Avec une vitesse moyenne de 6,5 nœuds, ça se fait bien.

Le moteur roule à 6,5 – 6,7 noeuds, ça vogue! À 11h11, on a parcouru 4 miles en 28 minutes. Je m’habitue à la lecture des cartes et de la navigation. Jean-Pierre me demande d’appeler à une marina pour annoncer notre arrivée en PM. C’est 2$ le pied et avec un 44 pieds, ça fait cher la nuit. À 12h49, on croise Burlington, Vermont, sur la rive gauche.

En milieu de journée Jean-Pierre décide qu’on arrête à une marina pour la nuit, puisque nous ne pourrons pas parcourir les 98 miles espérés. Whitehall, c’est la ville qui marque la fin du Lac Champlain et le début du Canal. Après avoir pris les renseignements pour la Westpoint Marina (2$ le pied pour la nuit, c’est cher… mais courant sur le canal et la Hudson), on décide plutôt d’aller un peu plus loin, jusqu’à Port Henry, à la Van Slooten Marina, juste avant de passer sous un premier pont. D’ici l’arrivée à la marina, Sébastien dort sur un banc du cockpit, Jean-Pierre barre, René veille et moi, je lis Moitessier, couchée sur les voiles, à la proue du bateau. Un rêve!

À 17h15, nous arrivons à la Van Slooten marina et le mec a l’air bête… Le bateau de 44 pieds est amarré à un quai qui ne fait même pas la moitié de sa longueur! On réussit tout de même à bien nous amarrer et je discute un peu avec Ron – le proprio de la marina – qui me raconte que le village de Port Henry est un ancien lieu ou on exploitait un métaux et que la mine faisait rouler l’économie. Depuis sa fermeture, il y a une quarantaine d’année, les habitants n’ont pas renouveler leur économie et semblent simplement attendre que quelque chose se passe. Il semble amer.

Tout à coup, une sirène se déclenche, on dirait une attaque aérienne vietnamienne… Ron nous rassure en expliquant qu’il est chef pompier adjoint. Ce mec a donc une marina et répond aux appels d’urgences… On rencontre sa femme – dont j’ai oublié le nom – qui est fort sympathique, on règle la note (à 1,50$ le pied, ça va!) et on s’occupe à bord. À la marina, il a des douches, des toilettes, un espace pour le lavage, de l’électricité et de l’eau. Ah! et du gaz – en fait, si vous passer par là en bateau, il y a une immense annonce de gaz peinte en blanc sur fond rouge qui annonce la vente d’essence. Immanquable.

La marina est petite, mais bien entretenue. Les toilettes sont accueillantes, bien organisées, simples et organisées. Tout a l’air homemade et bien fait. On se couche pas trop tard puisqu’on veut partir à 7 h demain.

Résumé de la journée: 61 miles parcourus – Navigation de 7h40 à 17h15 – Temps total de navigation: 9h30 – Moyenne de 6,7 noeuds

Vendredi 26 septembre – Deuxième journée de navigation

On se lève tôt, vers 6h, pour partir à 7h20. Il y a du brouillard qui semblait vouloir se dégager, mais qui est rapidement revenu sur nous et… on est dans le milieu du lac. Il nous fallait passer sous un pont, le premier, pour nous engager dans le Canal Champlain, mais voilà, on ne le voit pas du tout, du tout. On circule donc en rond en attendant que le brouillard se dissipe.

Il est 8h45 et c’est encore impossible d’apercevoir ni la bouée rouge, ni les balises pour passer sous le pont. Le banc de brouillard est de plus en plus épais. Je me couche pour une sieste… on ne peut rien faire et on continue de tourner en rond.

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Vers 11h, la brume fini par se lever et nous pouvons enfin reprendre notre route. Le temps est splendide et c’est l’heure de manger! Au menu: pain aux haricots noirs avec salade grecque et salade concombre-radis et pour dessert, des muffins aux pêches. C’est bon la vie en bateau, on se fait à manger, on a le temps et ça ajoute du positif au moral!

On avance bien sur le lac et on espère arriver à Whitehall pour ce soir. Si on peut rattraper notre retard, on y serait vers 15h30 et on essayerait de passer les écluses 12, 11 et 9 (la 10 n’existe plus). Il devrait y avoir un quai pour s’amarrer à la 9. À 12h12, on roule à 7 noeuds. 12h50, Bass prend la barre et JP dîne. Le paysage défile et il fait de plus en plus beau et chaud. On est arrivés à Whitehall, tout juste après la première écluse (Lock 12 – on descend le canal, on est donc à rebours) et on décide finalement de s’y arrêter et de poursuivre le passage des écluses demain.

Samedi 27 septembre – La suite

Levé à 6h30. Départ prévu à 7h30, mais le brouillard est de retour, on ne sait pas si on pourra partir avant tard…

Whitehall est un petit village modeste. Quelques maisons abandonnées, surtout dans le centre-ville, des genre d’anciens petits manoirs à « l’américaine », de style mi victorien, mi colonial. L’architecture est, encore une fois, et malgré sont laisser-aller, pittoresque et vivante. Un kaléidoscope de genres de monde, des p’tits culs en bicycle, des ados qui déambulent, la madame qui achète ses grateux, qui nous explique qu’elle a écouté la TV hier soir et qu’une la personne y a gagné 73 000$ et qu’elle aimerait ben ça elle aussi. Quand elle se rend compte de notre accent, elle nous regarde louche, pis elle part… Enfin, Whitehall est le berceau de la marine américaine, c’était un chantier naval qui a servi les Guerres de l’Indépendance (1775) et du Lac Champlain (1812).

Aujourd’hui, on veut faire 51 miles avant 17h. Les écluses du canal Champlain sont ouvertes de 7h à 17h, sauf la 5e, qui est ouverte 24h. Faire les écluses en deux jours coûte 20$ US. Malgré notre bonne volonté, la brume est de retour et on ne peut quitter avant 9h30. Une fois partis, nous passons sous un pont qui fait à peine 15 pieds et notre hauteur totale, incluant le bossoir, est de 12 pieds. Ça passe bien, mais juste. On salue les gars de la construction qui nous prennent en photo… cheese? Et nous voguons vers la prochaine écluse, la 11e (ou 2e sur notre route) qui arrête juste devant le village de Comstock, à 5 miles de Whitehall.

Nous sommes dans un canal qui fait à peine 30 mètres de large, bordé par des feuillus qui subissent le raccourcissement des jours. Ça sent littéralement l’automne, la brise est toujours fraîche, agréable, le soleil prend de la puissance, à notre gauche, il se lève de l’Est. C’est bon. Le pont du Malaïka est propre, bien rangé et on fonce.

IMG_0242Sébastien, accoudé à tribord, fixe l’horizon avec les longues-vues, JP pilote à la barre, René est zen comme d’habitude, on roule à 7,3 noeuds, tous nos regards sont dirigés vers l’avant, vers le Sud. Silence et paix au milieu de la nature, et moi, je confonds les vache et les ours.

À 10h39, on passe l’écluse 11, la 9e sera à 8 miles. Puisque nous essayons de planifier au mieux notre navigation, et pour les notes dans mon cahier écrit à la mitaine, j’indique ici qu’à partir de la 7e écluse, les bouées rouges seront à gauche, et les vertes à droite (c’était le contraire jusqu’à maintenant). En fait, c’est parce que nous remontions le canal et qu’à partir du Lock 7, nous descendrons la rivière Hudson. La rivière Hudson, qui mène a l’océan Atlantique, a des marées de 5 pieds et des courants pouvant parfois atteindre 3 noeuds.

À 12h09, la 9e écluse est passée. Au menu: pâté chinois carnivore et salade de thon pour JP. L’écluse 8 est à 5 miles, ce qui nous fait arriver comme prévu à 12h50, et nous en sortons à 13h20. Pour planifier nos déplacements et le temps de passage aux écluses, j’y vais ainsi:

On compte le nombre de miles nous séparant du point d’arrivée. Je calcule 6 miles en 1 heure. Passer une écluse prend environ 20 minutes, je calcule 30 pour être certaine. Par exemple, si on part à 7h AM:

Lock 6 à 5 (3 miles) on a passé le Lock 6 à 8h; du lock 5 à 4 (12 miles), on a passé le lock 5 à 10h30; du lock 4 au lock 3 (1,5 miles), on a passé le lock 4 à 11h; du lock 3 au lock 2 (2 miles), on a passé le lock 3 à 11h30, et ainsi de suite. Ça marche à 95%, comme je vous l’ai indiqué plus haut (m’autocongratule).

Alors, comme prévu – dans l’horaire du jour, pas dans l’exemple… – on arrive au lock 7 à 13h40 et il est passé à 14h. On estime l’arrivée au lock 6 vers 15h. On y arrive vers 14h55, mais il faut attendre une vingtaine de minutes après une grosse barge pour n’y passer qu’à 15h50. On vise l’écluse 5, celle qui est ouverte 24h sur 24, mais on décide de ne pas la passer tout de suite, car il n’y a rien pour s’amarrer après, et que la lock 4 est à 12 miles de là. On s’amarre à un mur de béton ou les taquets sont très hauts; il faut que Sébas et moi on se donne un swing pour s’y élever.

Un peu plus tard, des navigateurs passent à côté de nous et nous incitent à gagner un petit quai plus près de l’écluse, qui est retiré du chemin de navigation et plus sécuritaire. On s’y rend et c’est vrai que c’est mieux. Il y a tout plein de chênes autour et les petits suisses nous bombardent de noisettes. On se fait attaquer!

Après cette bonne journée, René décide d’offrir la pizza. Je vais alors demander au sympathique gars de l’écluse si c’est possible de faire livrer de la pizz’ ou nous sommes et il me propose même d’indiquer au livreur notre spot d’amarrage pour une livraison sur le pont! Ça c’est gentil. La pizza est délicieuse et, si on part vers 7 h demain matin, on devrait passer la dernière écluse sur 12 en plus de celle de la ville de Troy (gratuite) pour enfin se rendre à Catskill ou le Malaïka se fera mater. Beaucoup de route, mais on est prêts et motivés.

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