Journal de bord – 24 oct. au 3 novembre

Jours 24 à 34, 24 octobre au 3 novembre

24 octobre

Lundi matin, le capitaine, sa femme et son grand frère, sont partis au large, rejoindre l’océan… Et comme il ventait beaucoup, ils ont mis le foc et naviguaient au portant! Yes! Nous sommes partis ce matin et nous voilà on the sea. J’ai eu une émotion. Il fait très beau, vent du Nord-Ouest à 17-23 noeuds. Frais, mais splendide.

Nous avons travaillé une route à multi-étapes. On vise Manasquan à 29 miles de Sandy Hook et, si on trippe, on continue jusqu’à Atlantic City. On y arriverait de nuit vers 23h30. Nous avons quand-même ciblé quelques endroits ou arrêter, si jamais le temps se corse. Si ça va bien à Atlantic City, on pourrait même continuer jusqu’à Cape May qu’on rallierait à 7h30 du matin. On verra bien!

Il est 10 heures et nous avons quitté la pointe de Sandy Hook et le régulateur d’allure nous guide au portant vers le Sud-Est, vers la bouée des 3 miles nautiques des côtes et ensuite, cap au Sud!

15h30, nous arrivons près de Manasquan. Nous avons décidé de nous y arrêter, de prendre ça relaxe. Première navigation sur la mer: les vagues sont plus longues et, même si elles font près de 4,5 pieds, elles se prennent tout doucement. Le vent était bon, fort et le voilier ardent dans les grandes brises.

Cuisiner, même si ce n’était que faire des sandwiches aux oeufs, n’a pas été facile dans la gite. Lors d’un changement de bord, j’ai piqué une plonge et me suis cogné la cuisse assez pour me faire un giga bleu. J’ai vraiment eu envie de pleurer comme un bébé.

Nous sommes entrés dans la rivière Manasquan et ça a été un petit casse-tête de trouver le lieu d’ancrage. Nous avons finalement compris qu’il fallait passer sous un pont à bascule pour atteindre le bassin d’ancrage, situé à pein à 20 pieds de bateaux à moteurs pontés dans la cour des résidents.

Si tout va bien, demain, nous pourrions faire une bonne jounrée, jusqu’à Little Egg Inlet, à 50 miles nautiques ou peut-être même à Atlantic City, à 70 miles nautiques. Par contre, on y serait à 21h et on aime moins arriver de nuit. Nous avons vu nos premiers dauphins! Ils étaient à une centaine de pieds du bateau, j’ai vu quelque chose dans l’eaum un aileron et me suis dit que c’était impossible, mais si! Nous les avons vus, quelque-uns qui nageaient tranquillement vers le large. C’est un bon signe!

Finalement, nous avons rallié Atlantic City vers 19h, à la tombée de la nuit, nous avons trouvé une toute petite rivière, dans un quartier de banlieue, ou le chenal était très étroit et nous y sommes ancrés. Nous avons pensé aller visiter la ville le lendemain et prendre un jour ou deux de repos, mais non! Il est temps qu’on fasse route vers le Sud, car il fait de plus en plus froid quand le soleil se couche… de plus en plus tôt.

25 octobre

Nous quittons Atlantic City de bon matin. Nous avons décidé de rallier Cape May à 40 mn d’ici pour y coucher ce soir. À cause de forts vents qui s’en viennent jeudi et vendredi (24-36 nds), nous allons remonter la Baie du Delaware, prendre le Delaware et Chesapeake Canal et redescendre la Baie de Chesapeake. C’est comme faire un grand “V” à l’envers. Nous prévoyons nous ancrer dans la rivière Salem pour passer le plus fort du vent, une journée tranquille et à l’abris, pour ensuite traverser le canal et descendre la Chesapeake qui fait à elle seule 200 mn.

C’est à 15h que nous nous ancrons à Cape May, après avoir vu encore des dauphins. En soirée, nous décidons de changer le plan. Nous allons partir très tôt, à 2 heures AM, pour profiter du courant favorable nous permettant de monter le baie du Delaware en une journée en plus de faire le C&D Canal pour nous arrêter à Chesapeake City, juste avant l’entrée de la Baie Chesapeake. Ça nous fera gagner une journée et les vents sont moins forts que prévu. Bonne nuit, on doit se lever tôt tout à l’heure!

26 octobre

Beurk! Levés à 2 heures du matin. Direction: Baie du Delaware. Avantage: à 11h AM, on entre dans le C&D Canal. À 13h15, nous sommes ancrés à Chesapeake City, dans un petit bassin avec plusieurs autres voyageurs. Nous avons clanché la Baie du Delaware avec la grand’voile à un ris et le génois 1, nous avons fait des pointes à 8,2 noeuds. Belle ride de voile.

27 octobre

Après notre nuit à Chesapeake City, nous quittons vers 9h30 pour faire les 4 miles restant au C&D Canal et mettre le cap sur Annapolis, dans un vent du NO de 17-25 noeuds. C’est aves notre foc que nous entammons les 50 mn qui nous séparent de notre destination. Nous avons prévu y être vers 17h,

C’est à 17h45 que nous nous ancrons dans le bassin d’Annapolis, au milieu de plusieurs marinas. Plusieurs voiliers y sont ancrés, malgré la circulation des gens de la place. Il y a Xalya, un catamaran dont les proprios m’ont vendu les cartes de la rivière Richelieu… À Chambly! Le monde est si petit! Nous rencontrons Benjamin qui a un superbe Allied Seawind de 1963 sur lequel il vit depuis 3 ans. Il bosse de temps en temps. Par exemple, ça fait un mois qu’il fait des travaux de rigging à la marina ou nous sommes et il quitte pour une dizaine de jours pour faire partie d’un équipage qui ramène un bateau de la Floride. Ensuite, il revient sur son Allied et descend vers le Sud aussi. Il a été tellement généreux et nous a donné une radio AIS neuve (!!!!!) et une pompe à eau à pied (ça, c’est cool et pratique!).

28 octobre

Nous dormons une nuit à Annapolis (le 28 oct.), visitons la ville le lendemain et quittons à 17h (le 29 oct.) pour notre premier 24 heures de navigation sans arrêt! Nous avons décidé de clancher la Baie Chesapeake pour arriver directement à Norfolk. Ce qui me réconcilie avec le fait du détour. Faire tous ces miles en si peu de temps est encourageant.

29-30 octobre

Nous sommes partis à 17h (le 29 oct.). Il est désormais 14h, nous sommes le 30. Nous avançons tranquillement vers le Sud de la baie de Chesapeake. Quelle gigantesque étendue d’eau! 24 heures pour faire les 138 miles nous séparant de Norfolk à 75% au moteur.

Au départ, nous avons hissé la grand’voile avec un ris, car nous avions un peu de courant dans le nez, mais surtout 20 noeuds de vent et des vagues bien formées dans la face. La nuit s’est passée ainsi, à sauter d’une vague à l’autre, d’un quart de veille à l’autre. Nous avons convenu tous les trois que chaque veille durait 2 heures. Dans ce deux heures, il y a un responsable, un helper et un au repos. Nous faisons donc chacun 4 heures éveillé et 2 heures de dodo. C’est assez exigeant et ça donne faim tout le temps!

La nuit, il y a les bouées lumineuses (j’ai de la difficulté à estimer leur distance dans le noir…), la possibilité de tomber sur un filet posé pas si creux, les zones proscrites et les autres bateaux avec leurs feux de navigation. Il y a les étoiles, le calme, le vent et Philippe et moi avons aperçu plusieurs étoiles filantes. Et puis le levé du soleil, à l’Est majestueux et réconfortant.

Avec le soleil, nous avons levé le génois 2 afin d’essayer de se passer du moteur. Ça a duré quelques heures. Sébastien et moi avons hissé le génois 1, mais à cause du vent du Sud, Sud-Ouest et Ouest-Sud-Ouest, nous avions un près trop serré et on perdait du cap. Il faut garder ne tête que Norfolk est encore loin et que notre heure prévue d’arrivée est à 20h et, comparé à d’habitude, nous ne gagnons pas de temps en naviguant plus vite que la moyenne dans Navionics qui est de 5 noeuds, ce qui nous laisse toujours du jeu, car notre vitesse de coque est de 5,5 noeuds. Mieux vaut planifier plus lent et arriver plus tôt, même si ça peut jouer sur la marée.

En après-midi, il fait très beau, même chaud; on a remisé temporairement nos manteaux et on fait les frais en polar. Benjamin nous a pris qu’à Annapolis, les bateaux demeurent dans l’eau à l’année. Voilà un indice intéressant nous éloignant de l’hiver de jour en jour (salut les gens du Saguenay!).

J’ai hâte de voir Norfolk. On va peut-être y rester quelques jours, puisque nous aurons à faire des travaux (encore): la lisse coule dans le V-berth, notre chambre à coucher à Bass et moi. Dès qu’il y a des vagues, ça mouille. Dire que j’ai passé une journée à sikaflexer le joint extérieur et intérieur. Faut croire que cela n’était pas suffisant!

Norfolk marque aussi la prochaine étape du voyage: c’est l’entrée du Intracoastal Waterway (ICW pour les intimes), chenal creusé dans les terres qui permet de descendre en Floride en toute sécurité. Notre plan A est de n’emprunter l’ICW que jusqu’à Beaufort, en Caroline du Bord, pour éviter les Cape Hatteras et Look Out. Cela fait encore quelques jours de moteurs devant nous, mais on se console, en nous disant qu’une fois à Beaufort, nous serons en Caroline du Nord, ensuite du Sud, ensuite la Georgie et la Floride enfin! Par la mer et par là le sud! Nous mangeons les miles et nous sommes des goinfres!

Nous arrivons à Norfolk finalement vers 18h30, enfin, à l’ancre dans le bassin de Hospital Point, tout tranquille, en face de la ville, du centre Nauticus et du US WISCONSIN, un navire de guerre qu’on peut visiter.

31 octobre, 1er et 2 novembre – Congé, commissions et boulot!

Premier jour à Norfolk égale congé! Nous en avions besoin avant de nous relancer dans une course folle au moteur dans le 200 mn du ICW jusqu’à Beaufort. Lundi donc, jour de l’Halloween, Phil et moi allons en ville. Sébastien a décidé de se reposer (je pense qu’il adore sa lecture en cours: Jonathan Strange et Mr Norrel que je recommande ab-so-lu-ment comme lecture). Nous traversons la Elizabeth river, entre notre bassin et la ville de Norfolk et trouvons le dinghy dock derrière le très grand et imposant US Wisconsin.

Nous marchons vers le centre-ville. Norfolk est une ville de sirènes, littéralement: elles sont l’effigie ou le symbole de la ville, son côté maritime et rassembleur. Nous mangeons un sous-marin local, trouvons le Post Office et passons beaucoup de temps dans une chouette librairie indépendante dans laquelle je nous procure le livre Endurance – Shackleton’s incredible journey (que je dévore depuis). Nous terminons notre randonnée en nous gâtant d’un latté sucré dans un café qui rappelle le Cambio de Chicoutimi. Sans oublier Sébastien à qui on rapporte un bon muffin maison aux pommes. De retour sur l’heure du souper, nous passons la soirée tous tranquilles, à lire et à nous reposer.

Mardi est la journée commissions. Nous allons à terre à Portsmouth pour faire notre prochaine épicerie de 10 jours. En chemin vers le dinghy dock, nous sommes arrêtés à la marina pour commander un filtre à diesel. C’est un outil important, car selon Ghyslain du Marée filante, les diesel est souvent plein de débris et d’Eau, ce qui rend la vie dure au moteur.

À notre arrivée au quai, nous sommes abordés par Dan, un gars qui s’est acheté un Pearson 30 et qui est tout simplement parti avec, sans savoir trop-trop naviguer et ou aller dans l’ICW. Il a besoin d’aide pour défaire le noeud dans sa drisse d’enrouleur. Il lui faudrait une chaise de mat, mais la nôtre est au bateau. Nous quittons donc vers l’épicerie, 1,5 km plus loin. On fait le plein de bouffe et on revient chargés comme des mules!

Dan a réglé son problème de drisse et Philippe et Sébastien décident qu’on lui donne notre Skipper Bob 9th edition, car nous en avons dégoté un plus récent dans une marina. Il faut bien donner au suivant!

Nous avons terminé notre soirée en fêtant notre premier mois de voyage. Au menu: hot-dogs sur le BBQ, vin rouge, gâteau fait au Presto avec glaçage au chocolat et, attention: un film de Clint Eastwood sur le DVD portatif! C’est notre première soirée cinéma, youppi! Nous avons trouvé à l’épicerie un DVD contenant 4 films de Clint Eastwood pour 6,99 USD. Le deal du siècle et quelques soirées de divertissement en perspective. Quelle belle façon de fêter nos joyeuses aventures.

Mercredi, c’est jour de travaux.  Les gars posent la pâte epoxy (merci Gaël de nous avoir fait acheter la pâte pré-mélangée en tube!!!) dans le bateau pour étanchéifier la lisse et du sikaflex dehors au cas ou. Après avoir réparé des gants et mitaines, mes espadrilles et le dodger, je pars toute seule en dinghy pour aller à la biblio publique de Portsmouth faire imprimer des papiers. Il fait 24 degrés, c’est chaud et beau! En ville, je me fais demander en mariage, je me fais offrir quelque chose de pas catho, je fais les commissions et… je passe littéralement à travers le quai en revenant! Ma jambe est passée de bord en bord, le quai pourri est juste tombée sous mes pieds. J’ai eu peur d’y resté coincée, la jambe dans l’eau, mais non, j’ai réussi à m’en sortir, avec juste des égratignures et un peu peur.

Et je suis revenue au bateau en dinghy, rejoindre les gars qui ont travaillé bien et fort tout le PM. Après souper, nous avons lu ou écrit un peu, et là, c’est dodo, car demain nous partons vers 8 heures pour entrer dans l’ICW et continuer notre route, toujours plus au Sud.

Bisous bisous

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Levé de soleil

Coucher de soleil

Coucher de soleil

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Atlantic City

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Le cygne curieux de Manasquan (bien déçu que je ne lui ai pas fourgué quelques miettes…)

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Quelques évidences à savoir d »ici 50 ans

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Norfolk, ville de sirènes

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Sirènes de toutes sortes!

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4 réflexions sur “Journal de bord – 24 oct. au 3 novembre

  1. Bonjour à vous deux ou trois, Jeanne d’Arc m’a référé à votre site et c’est avec beaucoup d’intérêts quenous allons suivre votre aventure. Merci Donald Robichaud petit cousin de J d’Arc des deux côtés (Landry et Robichaud)

    Envoyé de mon iPad

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  2. Bonne navigation …vous nous faites repenser à notre vie sur Air d’été. Jeanne d’arc nous a référés à votre journal. À bateau. Ginette Dutil, Michel Pilote

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