Journal de bord – 23 novembre au 18 décembre

22 novembre au 3 décembre: Un arrêt bien mérité à St.Augustine

St.Augustine marquait un point important: celui d’être en Floride, là ou il fait chaud, le début du vrai de vrai Sud. L’ancrage était situé au bout du champ de moorings et le quai pour le dinghy coûtait 10$ par jour. Nous en avons profité pleinement.

Je me suis sentie tellement en vacances que j’en ai oublié d’écrire. Donc voici quelques points en vrac. St.Augustine est une ville bourrée d’histoire, c’est une ville fondatrice de la Floride. Il y a  une fontaine de Jouvence, un fort qui n’a jamais été pris par l’ennemi, le village historique, des boutiques, les gens sont sympathiques… Nous avons beaucoup marché et surtout, beaucoup mangé. Notamment au Barley Republic, un pub irlandais vraiment bien, dans lequel Sébastien et moi avons passé la soirée de Thanksgiving avec un souper de dinde et de patates pilées! De la bonne bière et un staff parfait! C’est devenu notre endroit préféré!

Le Flagler College, un ancien hotel de luxe, une architecture magnifique, une bibliothèque non accessible au public. Les rues en pavés, dont la rue la plus ancienne de la Floride, l’école primaire la plus ancienne des États-Unis, un magasin “pour les gars” ou le proprio, un francophile qui avait un excellent français, vendait des couteaux et des shirukens. Devinez qui a acheté un shiruken? Pas moi, en tous cas!

Oh! Et le Sailor’s Exchange, la caverne d’Ali Baba des navigateurs, recommandé par Gaël Simon (salut Gaël!). Un entrepôt ou il y a pratiquement tout: les gars ont même trouvé un live raft pour moins de 100$ et d’autres choses nécessaires (à différents niveaux) qui trouveront leur utilité sans doute sur le voilier.

On a bu de la bonne bière, de bons cafés et passé quelques heures à la plage. La plage de St-Augustine doit faire quelques kilomètres de long. Le sable est blanc, l’eau transparente et fraîche, mais baignable. On devait être les bizarres qui se baignent en hiver! Nous nous sommes fait rouler dans les vagues et bronzer au soleil.

Et le temps a passé, au repos, traversé d’un ou deux jours de travaux et voilà que le temps était venu de franchir la prochaine étape, celle qui précédera la traversée aux Bahamas pour les gars et ma volonté de voir l’eau transparente: le voyage vers les Keys.

3 au 20 décembre: Making it to the Keys!

Nous avons quitté St-Augustine le samedi 3 décembre de bonne heure, laissant Philippe à terre pour errer à sa guise. Passé le pont à bascule “Bridge of Lion” à 9 heures, c’est par le fameux Inlet que nous allions atteindre l’océan pour un 50 heures en mer nous menant tout droit à Key Biscayne. Déjà, le inlet était assez olé, olé, avec des (petites) déferlantes à babord, à cause d’un haut fond, et un bras de  mer à tribord. Des vagues presqu’en pyramides nous ballotant dans tous les sens. On espérait la mer plus calme.

Calem, elle était, mais on recevait les vagues de 2, 3 pieds de travers, ce qui créait un ballancement moins plaisant. En planifiant cette route, j’avais noté tous les inlets de la côte par lesquels nous pouvions entrer dans le ICW si jamais ça n’allair pas aussi bien que prévu.

Déjà, dans l’après-midi, à nous faire balloter comme nous l’étions depuis le matin, nous avons décidé de rentrer par le Ponce de Lion Inlet afin de nous reposer et d’éviter les vents du Sud qui étaient à venir (ce qui je vous le rappelle veut dire: vent dans la face, donc difficile d’avancer avec les voiles + vagues de côté, avec le moteur, donc se faire barsser pas mal).

C’est donc à 22 heures que nous lancions l’ancre dans la toute petite baie RockHouse dans le ICW. Après une bonne nuit de sommeil, nous avons repris le canal vers Tittusville. En chemin, nous passions au loin de Cape Canaveral, le port de lancement des fusées spaciales de la NASA. De loin, avec les jumelles, on voit le gros bâtiement, le Centre J-F-Kennedy, une immense structure se dressant seule sur le bord de terre. Plus loin encore, on discerne la plateforme de lancement qui loge les navettes avant leur départ dans l’espace.

On avait entendu dire qu’un lancement de navette devait avoir lieu le 7 décembre, mais nous n’Y serions pas à cette date, mais un peu avant, ce qui a réduit nos espoir de voir un lancement pour de vrai!

Après une nuit à Tittusville, nous avons dormi lundi à Melbourne et mardi, à Fort Pierce. C’est là que l’eau est subitement devenue turquoise plutôt que bleue, mais pas encore transparente.

À Fort Pierce, si le temps nous le permettait, nous allions ressortir par l’océan. Avant ça, il fallait faire un changement d’huile, ce que Sébastien a fait, deux fois plutôt qu’une, parce qu’on avait perdue un gasket dans la flaque d’huile à jeter… (Sachez que nous avons disposé de l’huile de la manière requise, c’est à dire, dans un contenant remis à une marina qui a les instalations pour la traiter ou s’en débarrasser selon les normes environnementales.)

Enfin, nous sommes partis de Fort Pierce à 14 heures dans l’idée de rallier Key Biscayne à la même heure le lendemain. Nous avons navigué à la voile pendant quelques heures (yé!), jusqu’à ce que le vent tombe, pour ensuite passer notre temps à trouver le contre courant du Gulf Stream qui nous faisait avancer à plus de 6 noeuds. Il y a beaucoup de pêcheurs dans cette zone, car les poissons s’y tiennent. Nous avons traîné une ligne dans l’espoir de manger de la viande de poisson frais, mais je pense qu’on aurait besoin de quelques trucs de pêche… (vos conseils sont les bienvenus!)

Pendant un de mes tours de garde de nuit, Sébastien se lavait les mains quand soudain, il s’est exclamé: “C’est quoi ça?!!” en regardant dans le ciel. Me suis retournée et une méga boule de feu montait dans les airs. J’ai allumé qu’on était le 7 décembre! La fusée était lancée!

En quelques secondes, elle a gagné de l’altitude et on l’a vu lâcher ses réacteurs qui tombaient en clignotant, quelque part dans la mer, j’imagine. Longtemps, on l’a vue aller vers l’espace, se dirigeant vers les étoiles.

La nuit en mer s’est déroulée doucement, au moteur avec une grand’voile, à éviter les bateaux de pêcheurs et de croisière, toujours en cherchant le contre courant du Gulf Stream.

Nous sommes arrivés à Key Biscayne vers 13h30 et nous jetons l’Ancre dans le No Name Harbor, un petit trou d’Eau dans le Bill Baggs State Park. C’est 20$ la nuit, à déposer dans un enveloppe, dans un boîte,  sur un système d’honneur.

Sur l’île, dans le parc, il y a un restau cubain, ou Sébastien mange du homard grillé au prix du marché, un lighthouse, une petite plage, un sentier d’interprétation avec un ancien site de fouilles archéologiques. Nous sommes montés dans le phare: c’est le plus incroyablement haut escalier en colimaçon que j’ai jamais monté. La vue d’en haut est splendide! Un peu de plage, un peu de marche et le temps passe si vite en compagnie de l’homme de ma vie.

Lundi le 12 décembre, nous partons à Miami pour cueillir Philippe qui revient nous trouver. Le plan est de prendre quelques jours avant mon départ pour aller visiter d’autres Keys: Sand Key, Elliott Key et Boca Chita Key.

Mardin, après une tentative de spi sans assez de vent, nous motorons jusqu’à Sand Key, là ou l’eau est transparente pour de vrai enfin! Nous voyons le fond à 20 pieds sous l’eau! L’ancrage est tranquille, les gars font de la plongée, je relaxe au bateau, on se baigne, on lit, on chill. Mercredi, nous rallions Elliott Key pour plonger et marcher sur l’île.

16 décembre

Hier, nous avons quitté Elliott Key vers Boca Chita Key. C’est vraiment une île aménagée pour être des plus bucolique: un phare en pierre, une baie pour s’attacher, un terrain ouvert, mais avec beaucoup de palmiers, des salles de bain propres, du sable pour jouer aux boules… Ça coûte 25$ la nuit, un petit luxe que nous nous payons pour 2 nuits tranquilles à quai, mais bien venteuses au large.

C’est assez paradisiaque: l’eau est méga claire, le sable blanc, plein de poissons de toutes les couleurs, des coquillages vraiment jolis, des Bernard l’ermite… La plongée est fabuleuse.

Au matin du 16, on se réveille avec une mauvaise surprise: un rat nous a visité de nuit. Il est monté dans le filet à fruits et a mangé une pomme. On le sait aussi par le cheminde petites crottes qu’il nous a laissées en passant. C’est très moche comme situation. 24 heures plus tard, on apprendra qu’il a essayé de se faire un nid dans la grand’voile en grignottant deux trous dans notre précieuse toile. C’est de la sale vermine! On a réparé avec du dacron (merci encore Gaël!).

17 décembre

Retour à Biscayne dans un bon vent du SE avec le génois 2 qui nous a porté à 4,5, 5 noeuds tout seul. À notre arrivée dans la baie, il y a plus d’une vingtaine de bateaux ancrés et attachés aux quais.

Il ne me reste que 3 jours. Le 18, nous passons la journée à Little Hanava, le quartier cubain de Miami. C’est pitoresque, la musique, les gens, les couleurs et la bouffe et les Mojitos! Le 19 est une journée tranquille, une journée “éponge en amoureux, comme l’a dit Sébastien.

C’est étrange: je pars dans un peu plus de 24 heures, je règle des choses de maison, de pneus d’hiver et de boulot à distance, je ne veux pas partir, mais je suis prête à partir. Instant de flottement, dans une espèce d’agonie de l’attente. Je sais que je vais regretter chaque minute non passée avec Sébastien d’ici mon départ, alors je vous laisse pour une finale sous peu.

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Boca Chita Key

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Le phare de Cape Florida sur Key Biscayne

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La fondation du W à Miami

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Boca Chita, vue d’en haut!

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Les habitants de la Floride

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Arrivée à Miami

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Un peu de glam

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Excellent lunch à la Petite Havane

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Église à Saint-Augustine

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Un timide

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Love and love and love

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Un pas timide

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Philippe le poisson

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Cape Florida Lighthouse

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Sans mots…

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And love and love

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Sébastien le poisson

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Bernard l’ermite

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5 réflexions sur “Journal de bord – 23 novembre au 18 décembre

  1. Fabuleux voyage. Heureux pour vous. C’est le genre de choses que j’aurais aimé faire comme vous, hors des circuits touristiques encombrés et aux horaires contraignants.. Bon vent et Joyeux Noël!

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  2. Bonsoir à vous trois. Lorsque vous étiez à St-Augustine, cette ville a été fondée par Henry Flagler, lequel fut le principal associé de Rockefeller et fondèrent la Standard Oil en 1870. Monsieur Flagler a développé la Floride bâtissant le chemin de fer jusqu’au Keys. Très intéressant. Bonne route . Donald le petit cousin de J d’Arc

    Envoyé de mon iPad

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  3. Merci Gabrielle de nous avoir partagé ce beau voyage et quelques-unes de vos péripéties. Bon retour à toi et bonne continuation pour les gars. J’espère qu’ils vont continuer à documenter leur voyage et que j’aurai l’occasion de faire ta connaissance dans un avenir prochain..

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